La randonnée
nordique :
De la ballade rurale au grand
raid nordique
Sur les chemins de traverse
des montagnes enneigées
Une autre approche de la
pratique du ski
Les premiers
pas sur les traces de ski de fond surprennent le skieur débutant : le matériel
est si léger qu’il peine à trouver son équilibre. Sans s’attarder, il s’élance
avec audace à la découverte de sport assez physique dans les débuts de l’apprentissage.
La légèreté devient
maniabilité, souplesse et vitesse.
Viennent ensuite
les premières échappées hors des traces, sur des chemins forestiers, au milieu
de sapins croulant sous la neige ou scintillant de givre, ou à travers pré, en
pente douce sur une neige encore vierge. Ce sont les débuts en randonnée
nordique.
On change de matériel. Pour pouvoir être stable sur une neige non damée, les skis doivent être plus larges que pour la trace de fond. Ils sont équipés de carres métalliques. A la montée, lorsque la pente est raide, on met les peaux. Le matériel est toutefois bien plus léger qu’en randonnée alpine et le talon reste libre même à la descente : pas de stem possible. Pour les plus investis, c’est l’élégant virage télémark qui va être le plus opérationnel.
Le dénivelé et la distance augmentent.
Il faut sortir la carte au 1/25 000 ième et la boussole. Pas d’improvisation,
le parcours se prépare à l’avance : distance, dénivelés, temps estimé
du parcours, itinéraire de repli en cas de problème…. L’altimètre, voire le
GPS, viennent rejoindre la carte et la boussole. Le sac se charge d’éléments
indispensables à la sécurité - sifflet (obligatoire !), couverture de
survie (obligatoire !), lampe frontale… et parfois arvas en prévision
des circuits exposés au risque d’avalanche –, au côté du strict nécessaire
à une randonnée itinérante : vêtements de rechange les plus légers possible,
vivres de course, et le fameux « fond de sac » !...
Après une nuit dans le train et un petit déjeuner pris aux aurores, agrémenté d’un thé fumant versé d’un thermos ou d’un grand café au bar de la gare, le taxi dépose le groupe quelque part en Auvergne, ou dans un massif du Jura ou des Vosges, ou dans les Alpes voire les Pyrénées pour les plus hardis !
Nous sommes loin des stations et des infrastructures touristiques. Nous sommes
au cœur du monde rural des moyennes montagnes ou dans des sites plus sauvages.
Au détour d’un sentier une petite chapelle (Jura), quelques bisons parqués,
toisons sombres sur fond blanc (Vosges et Jura), un hameau de chalets d’alpage,
en bois foncé par le temps (Alpes du Sud), des chevreuils bondissant d’un
fourré pour fuir à travers champ (Slovaquie), un lagopède (Norvège), une hermine
sur un tronc d’arbre (Jura), des chamois (Autriche), un arbre chargé de neige
comme de fleurs au printemps…
Cette immersion dans la nature et la variété des paysages font le bonheur des photographes. Au retour nous échangerons nos plus belles vues par mail, sur le site de l’association, ou au cours d’une soirée. Et cela donnera le goût à d’autres de partir à leur tour.
Les haltes pique-nique s’organisent, abrités dans quelque bergerie, ou au soleil, protégés du vent, adossés contre le mur d’une ancienne ferme franc-comtoise, ou, après le passage d’un col, face à la chaîne des Alpes couronnant un lac de nuages.
La randonnée reprend pour rejoindre le soir un gîte confortable ou un refuge plus rustique, partager une bière ou un vin chaud et prendre un bon repas avant de passer la nuit.
De grands
espaces attendent encore les skieurs nordiques : la Norvège,
la Suède, l’Islande… On se rapproche du cercle polaire. Les plus familiers
se penchent avec attention sur les cartes, choisissent les destinations, les
refuges. Il faudra faire fondre la neige pour boire et cuisiner. Sac à dos,
poulka ou chiens de traîneaux pour porter le matériel, on va choisir. Rien
n’est laissé au hasard. Il faut pouvoir faire face à l’imprévu : une
tempête, une neige profonde entravant l’avancée des skieurs, du brouillard,
un contre-temps, du matériel qui casse.
De la ballade à la journée au raid de plusieurs jours en autonome, la randonnée nordique offre beaucoup de possibilités. Une préparation minutieuse et l’attention à la sécurité sont les meilleures garanties pour des sorties réussies et conviviales, dans des paysages souvent féeriques….
Juin 2009 – Isabelle R.