Après un petit week-end en février à Samoëns à titre « d'amie » j'avais décidé de faire le grand saut et d'adhérer au CIHM, un peu pour me forcer à progresser en ski, beaucoup pour provoquer les occasions de partir crapahuter un peu toute l'année avec un groupe qui pratique le bon esprit montagnard.
Chouette le week-end en Tarentaise s'annonçait bien : bonne neige, super météo, y retrouver Franck et ses copains … Youpi ! Nelly est partie ! … enfin, voudrait partir, car tout le CIHM sait qu'il faut passer dans Paris pour être à l'heure au car à Denfert Rochereau, la seule qui ait mis 50 minutes dans la directissime de la Porte d'Orléans : c‘est la petite bleue !
Heureusement que Gilles, notre chef de car, était très cool et que le timing a autorisé mon retard très remarqué. Pour un début discret, avouez qu'il y a meilleure tactique !
Un petit somme, tout petit, et nous voilà arrivés à Ste Foy. Des croissants tout chauds nous attendaient dans un hôtel typiquement savoyard, humm ! cela a un parfum de vacances, tout est dans l'ordre des choses. En ordre ? En apparence seulement ; la suite ne sera que péripéties et contrastes.
Véronique, une autre nouvelle recrue, a bien ses skis, mais où sont passés ses bâtons ? Elle en a trouvé en désespoir de cause – et très facilement – chez une marchande de journaux ! Après le système D,
Le départ est sonné,
sur la route 2 km à pieds,
dès que le chemin est enneigé,
les skis chaussés,
l'ambiance de sous-bois nous fait tout oublier.
L'arrivée au refuge d'Archeboc est un décor de carte de vœux. Le gardien, croisé durant la montée, déneige portes et fenêtres et nous prépare un petit nid douillet. Il récolte l'eau de fonte du toit dans la baignoire du bébé et m'a déjà fait promettre de l'aider à faire la vaisselle. Une petite blague qu'on réserve toujours aux femmes, allez savoir pourquoi…
Après un pique-nique royal en terrasse sous le zénith, les bons skieurs tirent la balade jusqu'au col du Mont, les plus inexpérimentés restent à proximité pour s'exercer. Anne concocte un petit cache-cache d'ARVA pour étrenner son nouveau matos. Le temps de sortir pelles et sondes, et l'Ortovox à l'oreille, Patrice et Nelly quadrillent, se chevauchent, tâtonnent, pensent trouver… et trouvent mais plus loin ! Requiem æternam, Te Deum pour avoir laissé refroidir un brave ARVA caché dans un sac à dos. Le pourcentage de perte est atteint, encore un point de moins.
Les copains sont redescendus, le soleil a fait des ravages, le désert de la soif c'est en Tarentaise. M'sieur le gardien, vous n'auriez pas une p'tite mousse ?
Monsieur le gardien est caché dans le conduit du poêle, il déneige pour désenfumer, il enfume pour déneiger… scrogneugneu, il essaie de faire du feu ! Après l'air pur, le grand ciel bleu et la canicule, les volutes de fumées, le coucher de soleil dans de frais courants d'air et le dîner à 8°C chauffé par de maigres bougies.
Savez-vous manger des saucisses aux chou, à la mode, à la mode du CIHM ? Un diot de Savoie, bien gras, bien chaud, devient – allez savoir pourquoi – un e-diot ; une ch'tite saucisse devient ie6 dans un diot-16. Seuls les initiés comprendront, dire qu'il viennent skier pour oublier la civilisation !
Le groupe de raquetteurs a bien sorti le rhum arrangé, mais pas moyen de se réchauffer.
Recette pour un dodo tout chaud : garder sur soi tous ses vêtements au préalable bien enfumés, choisir une montagne de couvertures, enfiler un bonnet de nuit, essayer de sécher sous soi chaussettes et pantalon mouillés. Demain il fera jour !
Le lendemain fut-il plus serein ? Une tiédeur accompagne le petit déjeuner, le poêle a fini par fonctionner.
Les skieurs confirmés partent pour une sacrée bambée à la Pointe de l'Archeboc, les novices sur le versant opposé pour traverser le col de Seti et un bout du col de la Sassière. Apprentissage de conversions à la montée, de pose des couteaux en pleine pente. Le panorama du Mont Blanc et une petite salle à manger bien choisie nous attendent dans une tempête de beau temps. Un pique-nique avec vue c'est courant, mais avec spectacle vivant, cela l'est moins : un groupe de très bons skieurs arrivés du versant italien nous a fait une démonstration de slalom et de sauts. L'admiration générale a freiné les applaudissements.
La neige est super et la descente sur le refuge du Ruitor se finit dans la baignoire qui sert de fontaine, les gourdes sont à sec depuis longtemps. La bande à Philippe tombe aussi dans des baignoires, mais de neige celles-là !
Le soleil nous grille à feu vif, abus de crème ne suffit pas. C'est rougis que les randonneurs finissent leur course par les chemins d'alpage et de sous-bois. Jolie ambiance, quel air pur pour nous autres parisiens pollués.
Le retour très calme, RAS pour la première fois !
Bienvenue au club ! Mon baptême fut bien mouvementé. Un grand merci à Gilles et Marie-Cécile pour leur pédagogie, à Annie, Véronique et Patrice de leur patience dans mon apprentissage. Un grand coucou à ceux que je rejoindrai dans quelques saisons si je pratique bien la technique : Philippe, Jean-Michel, Anne, Xavier et Franck. Rendez-vous est pris pour juillet, au camp de base à Ailefroide, doux pays de mes vacances depuis mon enfance. Qui sait, il y aura peut-être une autre occasion de Cihmer avant de chatouiller le Pelvoux.
Au fait, les sorties, c'est toujours ainsi ?
Nelly