Un WE skirando réussi avec le CIHM c'est :
Nous partons le vendredi soir, directement du centre de Paris, en car-couchettes, pour arriver quelques heures de sommeil plus tard – juste le temps de fermer les yeux et de les ré-ouvrir – en plein milieu des montagnes enneigées ! Passer ainsi rapidement du gris pluvieux de Paris au blanc lumineux est le premier élément du dépaysement. La mise en condition...
Passons sur les joies du voyage en car-couchette. Cela n'intéresse que les initiés qui se refilent les bons tuyaux. Et une question d'habitude. Peut-être un jour voyagerons-nous en train et taxis ?
L'avantage évident du car est d'être peu cher, mais surtout de nous emmener au départ de la randonnée, ou très proche, et de bonne heure.
Le samedi matin...... la sortie commence donc par un bon petit déj dans une de ces tavernes douillettes à l'odeur de café chaud et de Génépi dont le milieu alpin a le secret, pas trop loin de la boulangerie-croissanterie, ou à l'intérieur de celle-ci lorsqu' elle possède tables et chaises. Le top : le buffet traditionnel dans les bons vieux hôtels suisses ...Mmm... Sinon dans le premier et seul bar du village ouvert à 7h du mat'. Ensuite, les groupes sont fin prêts pour entrer dans le vif du sujet.
Justement dans ski de rando, il y a rando, et la randonnée est vraiment une composante du plaisir qu'apporte cette activité.
Contrairement à certaines idées reçues, la montée au refuge doit se concevoir comme une balade. En plein hiver, la montée va traverser les forêts de sapins et mélèzes, passer à côté de vieilles granges, suivre les chemins forestiers fermés, couper des traces d'animaux... Tout cela est bien connu des pratiquants de raquettes.
On peut converser, ou écouter le bruit de sa marche sur la neige. Le skieur est comme une libellule, sa glisse est feutrée et légère, son bavardage un gentil gazouillis rythmé ; sa fine trace croise parfois quelques gallinacés qui marchent en canard avec leurs palmes à neige, en jacassant de gracieux coin-coin.
Enfin, l'itinéraire sort de la forêt pour atteindre la Haute Montagne, avec pour récompense, le paysage des sommets environnants dont on ne se lasse pas quand on aime.

Mieux encore, si la course a lieu sur glacier, c'est d'évoluer en louvoyant entre, au-dessus, au ras, voire dans les crevasses : effarant et grandiose !
La randonnée à skis est une épreuve d'endurance et non une course éreintante. Inutile de s'affoler sur le dénivelé, c'est le rythme de la progression, soutenu mais relativement lent, qui importe. Le corps se met à respirer, il boit l'air froid et pur du matin comme une bonne rasade de thé glacée à la chaleur d'une terrasse. Les muscles s'échauffent et l'on marche sans y penser. L'esprit aussi se met à respirer. Il profite de l'occasion et du silence pour faire un retour sur soi, pour évacuer ses toxines. Il a le temps : 5 heures de marche, un peu de ski et tout un WE. Cela permet de prendre de la hauteur, de souffler en cadence, de ne penser à rien : Juste glisser.
Sauf cas de montée dans des pentes fortes,
l'aspect sportif sera essentiellement fonction du poids transporté et de la durée de la randonnée. Ce qui implique de gérer harmonieusement sa condition physique, son équipement, son eau et ses victuailles. Il arrive parfois que les skieurs utilisent – un peu – les remontées méca quand les montées démarrent à portée de spatules des stations de ski. Surtout si la neige n'est pas présente au dernier parking.

Les courses du dimanche peuvent être plus sportives, car en altitude plus élevée, sur des terrains plus difficiles (pente, glace ou neige dure, rochers), éventuellement plus longues, mais avec, en contrepartie, une bonne nuit de sommeil, un bon petit dèj et l'acclimatation à l'altitude; sans oublier la suppression du fameux poids sur les épaules dû aux soucis et au stress de la vie citadine et de leurs conséquences physico-physio-psycho… Certaines marches peuvent se finir sur des terrains très accidentés et escarpés (arêtes rocheuses, mixtes, couloirs ,...).

Certaines virées peuvent aussi (mais rarement) se finir de nuit... On parlait bien d'aventure ? Plus qu'un sport, le ski de randonnée est donc une aventure individuelle avec une dimension d'équipe. ...(soupir) ...C'est clair ?
Vous savez :

Il en faut pour être presque prêt à pardonner au ronfleur, expédié dans l'autre dortoir du refuge, la nuit venue. Ah ! le refuge ... :
Bref, une bonne bouffée de chaleur humaine ....
Au sortir du refuge, l'ambiance du petit matin est unique et magique, avec la nuit encore présente et le lever du soleil qui accompagne lentement vos pas, éclaire les sommets environnants d'une lumière éclatante à la fois froide et rougeoyante. Le silence est prenant et le bruit des skis sur la neige totalement cristallin.
...Des moments dont chacun se délecte intérieurement.
Bon, parfois c'est le brouillard ou le blizzard qui vous accueille à la sortie du refuge , mais là encore c'est un autre plaisir, davantage basé sur le repli intérieur (à l'abri de sa capuche), la solitude avec du blanc partout autour, la résistance au vent et au froid, le combat contre l'idée qu'on serait mieux ailleurs.
Au delà d'un simple objectif d'excursion, atteindre le sommet , ou le col, est aussi un challenge personnel que l'on se fixe : vitesse, durée, altitude, volonté, ténacité, courage….
Cela donne le sentiment d'avoir accompli quelque chose par soi-même , de s'être accompli, avec la joie toute bête d'en avoir enfin fini, et la sensation d'être au bout : on ne peut pas aller plus loin !
Alors seulement, on portera un petit regard émerveillé alentour pour se convaincre que c'est pour tant de beauté qu'on est monté si longtemps.
Car la face cachée du sommet est sa récompense qui en justifie l'effort : l'intérêt non-dit est de prendre un max de hauteur pour...la descente !!
Même les skieurs en « stem » s'y voient ! Leurs yeux embués par la neige de leur dernière gamelle traduisent certes la jalousie, mais aussi un peu d'admiration envers les « dieux » qui dansent sur la peuf.
Ce n'est pas toujours le cas, parfois le manteau neigeux est tassé, ou humide, et s'apparente plus à une immense piste de neige (naturelle) fraîche et bien damée. Ce qui n'est pas mal non plus (surtout pour les « 3 étoiles »).
De plus, la descente est proportionnelle à la montée, elle paraît toujours longue et s'apprécie bien davantage. À déguster sans modération, mais en connaisseur, par petits plans successifs.
Comme dans les films de glisse, mais en mieux, puisque vous y êtes, avec des copains, et qu'à la fin vous direz peut-être aussi : « Que du bonheur ! »
Voilà, si ce petit laïus vous a donné l'envie d'aventure hivernale, venez découvrir le Ski de rando au CIHM. Et pourquoi pas : gravir et descendre un jour le Mont-Blanc.........en ski !!
