Sentiers de la Corse du sud

 

Prélude ferroviaire avec le petit train qui nous mène à la case départ.

Samedi 27 août 2002, de bon matin, fin prêts devant les dortoirs de l'hôtel Larici à Vizzavona : à vos marques. Prêts ? Partez ! De gauche à droite, Marie-Claude, Claudine, Annie, Francis, Maryse, Ester, Piedade, Gisela, Nadou, Monique et Pierrette, sourient à Monica qui leur a tout préparé.

En avant pour Capanelle par 930 m de dénivelé !.. La "marche pure endémique" commence, la "note bleue de la randonnée" va vibrer à l'oreille des amoureux de la musique de jazz. Accord parfait des bâtons et de la gourde à pipette, cadre féerique, nature vivante, poésie minérale, dans lesquels nous allons joyeusement gravir plus de 6000 mètres de dénivelé en neuf jours !.. Tout nous y exhorte, jusqu'à ce bonbon à la menthe, nuitamment déposé par une fée, que chacun a trouvé, un matin, dans ses chaussures ! Alors, à l'heure du choix, la "variante alpine" fait l'unanimité. Le repos "endémique", bien mérité, sera goûté au cinquième jour à l'hôtel Incudine de Zonza.

A Coscione, nous abordons l'un des rares passages à l'horizontale de notre itinéraire : étroit, oscillant, il faut s'y tenir à deux mains ! C'est d'ailleurs souvent la cas, même lorsque le chemin, escarpé, est pourtant très solide : descente des crêtes du Renoso, ascension "à la chaîne" d'une dalle bien pentue ! Quelquefois, à Palmente par exemple, le sentier reste étroit mais, là, on voit bien qu'il a été tracé pour le moindre effort.

Les "pozzines" sont des pelouses tourbeuses à gazon ras situées à l'emplacement d'anciens lacs dont le comblement a donné une multitude de petits bassins bordés de mousse spongieuse ("pozzi" en corse signifie "puits"). Idéal pour une courte sieste !

Enchantement dans la beauté, de tous côtés ! Pause au sommet du Renoso. Pause au sommet de l'Incudine en atteignant la croix. Retour du soleil pour un pique-nique environné de planeurs ailés jouant dans les courants aériens : un adepte du vol à voile, faisant des ronds dans le ciel, cherche manifestement, à chaque tour, à se rapprocher un peu plus des randonneuses qui, elles, lancent gaîment des reliefs de leur charcuterie corse aux chocards à bec jaune, habitants volants des hautes parois rocheuses.

Dîner frugal et nuit sous tente au bivouac d'Asinao, vaisselle et toilette au torrent, partage du vin avec les sangliers qui nous réveillent avant l'aube, crèvent le cubitainer et s'enivrent de son précieux contenu en bousculant les gamelles !

A Bavella, au moment de la descente, l'orage a grondé - éclairs, tonnerre - et une averse violente s'est abattue brusquement, terrorisant l'arrière garde. "Cape de pluie, vite !.. Jetez vos bâtons, ils attirent la foudre !.. Il faut trouver des cavernes !.." Tout cela fut fait prestement, mais il aura bien fallu une petite prière populaire pour rasséréner Monica.

Visite du site préhistorique de Cucuruzzu, avec magnétophone individuel et casque d'écoute : émerveillement, méditation, marche lente de station en station.

A Jallicu, nous admirons une autre paroi rocheuse, le mur de la maison rustique de Pierrot, personnage chaleureux et haut en couleurs. Créateur d'un gîte équestre réputé, Pierrot cultive un magnifique jardin potager, il nous a servi un dîner roboratif et délicieux, et vit là depuis toujours, sur un plateau isolé bien propice à une contemplation nocturne de la voûte céleste étoilée.

Accueil somptueux au Paradis, le gîte de Zicavo, aux jardins en fleurs et au figuier en tonnelle offrant sa profusion de fruits non défendus. Repas gastronomique, liqueur de myrte, excellente nuit !

Anniversaire de noces, pour Monique et Francis. Rencontre du bavarois solitaire, pour tous mais spécialement pour Gisela ! Et le berger des pozzines... pour Piedade... pour Annie ?

Apothéose finale sur la plage de Porticcio. Changement de tenue, changement de décor : simple maillot de bain, pour se jeter dans la Méditerranée, et double tournée des boissons favorites, sous les paillotes, pour mieux délier les doigts de nos deux pieds, nus, en éventail !..

Francis