Tra mare e monti 2

 

Palme d'or pour l'organisation, la conduite et la gestion de Mónica dans ce cru 2005 d'une nouvelle expérience esthétique, conviviale et sportive de la Corse au printemps, physiquement préparée ensemble le dimanche 3 avril sur le Circuit des 25 bosses dans la forêt des Trois Pignons (marche 6 h, montée et descente 800 m).

Samedi 23 avril : Arrivée à Calvi en fin de matinée

Annie, Claudine, Elisabeth, Francis, Françoise P, Jacqueline, Mónica et Piedade retrouvent Françoise S et Jean-Max, puis Brigitte, achètent des vivres de pique-nique pour deux jours, déjeunent confortablement attablés, et se baladent dans la citadelle efficacement protégée par les piquants de ses verts défenseurs : figuiers de barbarie, agaves, aloès.

Nous nous regroupons sur la place principale en milieu d'après midi avec les boulistes à sieste courte qui commencent leur pétanque. Rares sont les surfaces planes !.. Celle-ci est plantée de remarquables "pieds d'éléphant" - Phytolacca dioica, plante méditerranéenne dont un panneau prétend qu'elle ne peut être classée dans aucune catégorie végétale connue (?). En taxis, nous sommes conduits au gîte de Galeria où nous rejoint Roland. Des eucalyptus bordent les routes, des asphodèles jaillissent des herbes. Mónica, aidée par Annie, renégocie laborieusement mais avec succès le prix du transport de nos sacs de réserves vers Ota, car la route est obstruée par un éboulement...

Dimanche 24 avril : Galeria - Girolata

(marche 6 h, sommet 874 m, montée 900 m, descente 784 m)

Montée dans le lit d'un ruisseau, entre asphodèles et cyclamens dans une forêt de chênes verts. Là-bas c'est quoi ? Découverte du golfe de Girolata, superbe ! Gîte du Cormoran voyageur, première baignade de Françoise P, dégustation de vin de myrte et de vin d'arbouse sur la terrasse, où trois gouttes de pluie, les seules du séjour, tombent dans le verre de Mónica... produisant un bel arc-en-ciel ! Dîner de fête : Joseph sert fièrement les produits de sa pêche que Colette a préparés - soupe de poissons avec rouille et croûtons frottés d'ail, poissons grillés, riz, fromage et dessert - puis il distribue neuf petits verres remplis des différents alcools de la maisonnée qui tournent joyeusement autour de la table.

Lundi 25 avril : Girolata - Curzu

(marche 6 h 30, sommet 852 m, montée 1200 m, descente 562 m)

Les premiers rayons du soleil illuminent le fort de Girolata. Cistes blancs, cistes cotonneux, cistes à feuilles de sauge, hellébores, chênes verts, lichens hirsutes couleur de jade. Jean-Max taquine les sauterelles volantes. Halte, puis pause avant le sommet au Capu di Curzu (852 m). Au gîte, bières corses - préférées au vin de myrte insuffisamment macéré - soupe épaisse et délicieux ragoût de veau avec des pâtes "percées à la main" par le fils du patron !..

Mardi 26 avril : Curzu - Serriera

(marche 4 h, sommet 360 m, montée 400 m, descente 604 m)

Soleil, grand ciel bleu. Aimable fils du patron du gîte de Curzu : il nous vend ses maigres réserves et surtout nous recommande de cueillir des oranges dans un arbre bien visible au pied de la belle grimpette de 300 mètres que nous allons avaler en guère plus de 30 de minutes ! Très belle descente, pique-nique. Arrivée à l'hôtel L'Aiglon dans la quiétude des heures de sieste. Et vite, tous à la plage de Bussaglia : pieds dans l'eau, baignade, mais impossible de rabattre les poissons vers les gaules du pêcheur !.. Sur le sable chaud, colloque des femmes sur l'Europe, conversation des hommes sur la famille... Au dîner : crudités, cuisses de poulet, endives braisées, pommes sautées, fromage, mousse de châtaigne / tarte, arrosé de vin au prix le plus raisonnable.

Mercredi 27 avril : Serriera - Ota

(marche 6 h 30, sommet 914 m, montée 1000 m, descente 570 m)

Petit déjeuner à 7 h 15, départ à 8 h. Traversée du village, franchissement du ruisseau, remontée par une route forestière en admirant les cimes enneigées. Belvédère dans une forêt de pins. Arrivée dans une châtaigneraie marquant la crête, avec les félicitations de Mónica pour notre avance par rapport à l'horaire qu'elle avait prévu. Pause. Aller et retour au point de vue du Capu San Petru (914 m) pour contempler le paysage et admirer au passage un magnifique pied de pivoines fleuries. Descente vers Ota, village ensoleillé qui s'étend au milieu de terrasses plantées d'oliviers et d'un ancien verger de cédrat, de vigne et de blé. Au gîte Chez Félix, nous retrouvons notre second sac et nous faisons bien beaux pour dîner dans son restaurant réputé.

Jeudi 28 avril : Ota - Piana - Capo Rosso - Piana - Ota

(voiturage, marche 4 h 30, montée 300 m, descente 300 m)

Comme chaque matin, le réveil de Mónica nous joue la Carmen de Bizet... Félix nous conduit en minibus au delà de Piana pour cheminer vers Capo Rosso. Végétation "maquisante". Pause près d'une bergerie. Ascension pour arriver à la tour dont le chemin de ronde nous offre une vue féerique. Emerveillement, exaltation et hésitation à descendre pour pique-niquer près de la bergerie. Retour rapide au minibus, donc grosse suée, vite rafraîchie par les boissons d'une paillote accueillante. Promenade contemplative, exclamations admiratives, sur la route taillée dans le roc en surplomb des Calanches de Piana.

Vendredi 29 avril : Ota - Marignana

(voiturage, marche 5 h, sommet 830 m, montée 650 m, descente 260 m)

Félix nous conduit en minibus, puis nous marchons vers le sentier de la Spélunca. Des panneaux décrivent sa flore : sélaginelle et capillaire (sur les rochers suintants), lavande des Stéchades (fumigations pour le mal des sinus), germandrée marum (pour protéger des fromages contre les mouches), lys de Saint Pancrace, genévrier oxycèdre (bois de cade dont on fait des pieux qui ne pourrissent jamais) ;. d'autres sa faune : salamandre corse, hirondelle des rochers, martinet à ventre blanc, lézard des murailles... Ponte à Zaglia, représentatif de pont dit gênois, bâti en 1797 sur A Tavulella. Retour par le même chemin... dans l'autre sens évidemment ; l'ayant oublié après un "petit arrêt" dans un virage et dans les buissons, je me suis retrouvé nez à nez avec une arrière garde moqueuse !.. Minibus pour la forêt d'Aïtone. Premières chèvres et cochons sauvages. Traversée d'Evisa pour accéder aux piscines d'Aïtone. Pique-nique, bains de pieds. Sentier pédagogique du châtaignier qui nous ramène à Evisa avec un bel épilogue "Paix, santé et trois châtaignes par bogue" ! Tous au bistrot avant de descendre vers Marignana. Châtaigniers monumentaux et hameau abandonné de Tassu.

Samedi 30 avril : Marignana - A Case

(marche 6 h 30, sommet 1102 m, montée 800 m, descente 720 m)

Grand soleil, montée bien chaude vers le col, point culminant de notre randonnée. Nouvel émerveillement devant le panorama. Pique-nique et sieste sur l'herbe rase entourée de bruyères arborescentes. Belle descente dans la verdure piquée d'asphodèles vers l'excellent et authentique refuge d'A Case d'où assistons au coucher du soleil sur le Golfe de Cargèse.

Dimanche 1er mai : A Case - Cargèse

(marche 5 h, sommet 650 m, montée 380 m, descente 910 m)

Au revoir à notre hôtesse. Descente coriace dans les cistes blancs et les pierres roulantes. Arrivée à hôtel Saint Jean. Chambres pimpantes avec vue panoramique. Promenades, petits achats dans les ruelles escarpées. Visites des deux églises, catholique orientale et catholique romaine. Descente vers le port de Cargèse par des pentes raides, ruisselantes de figuiers de barbarie bordés d'impressionnantes étendues de capucines fleuries (dont je prélève quelques pieds). Retour à l'hôtel pour le choix démocratique du meilleur restaurant. Victoire du "homard e monti"... Festin joyeux, régal unanime.

Lundi 2 mai : Cargèse - Ajaccio

(dans un bus bondé !)

Roland reste à Cargèse pour quelques jours supplémentaires dans l'île, et nous chanter le blues... Embrassades chaleureuses à la porte du bus sursaturé qui nous mène à Ajaccio. Nous y flânons jusqu'au rendez vous terminal dans la gare maritime.

 

Enracinés sur mon balcon, deux pieds des capucines de Cargèse ont réussi leur adaptation parisienne, faire éclore de nouveaux éperons et des corolles en feu.

Francis, remerciant Annie, Brigitte, Mónica et Roland pour les photos